Back to blog

Construire le registre des établissements de santé du Cameroun : ce que nous avons appris sur les données, l’interopérabilité et la suite

30 juin 2026
Digitalisation des campagnes Géoregistre
Construire le registre des établissements de santé du Cameroun : ce que nous avons appris sur les données, l’interopérabilité et la suite

Des données fiables sur les formations sanitaires constituent le fondement d’un système de santé fonctionnel : il est impossible de planifier les services, d’allouer les ressources ou d’orienter les patients vers les soins sans savoir où se trouvent les structures, ce qu’elles proposent et si elles sont opérationnelles. Au Cameroun, le ministère de la Santé publique s’est donné pour objectif de construire précisément cela : une suite d’outils numériques, l’écosystème de la Carte Sanitaire, qui rend les données sur les établissements accessibles, structurées et utiles tant pour les gestionnaires du système de santé que pour le grand public.

Le projet a été impulsé par le ministère de la Santé publique et coordonné par la Direction de l’organisation des soins et de la technologie sanitaire (DOSTS). Sa gouvernance a réuni trois équipes du ministère — la DOSTS, la Cellule des Informations Sanitaires (CIS) et la Cellule Informatique (CI) — Bluesquare assurant la mise en œuvre technique en tant que sous-traitant de CHAI (Clinton Health Access Initiative).

Voici ce que nous avons construit, ce que nous avons appris en cours de route, et les prochaines étapes.

Trois outils, trois publics : l’écosystème Health Map

L’écosystème Health Map repose sur trois composantes, chacune servant un groupe d’utilisateurs distinct.

IASO pour la collecte de données sur le terrain

IASO constitue l’épine dorsale de collecte de données du projet.

Plutôt que de repartir de zéro, nous avons bâti sur ce qui existait déjà. IASO se connecte à DHIS2, le système d’information sanitaire (SIS) national du Cameroun, et en extrait les géographies sanitaires existantes, qui deviennent la base de référence que les équipes terrain enrichissent pour la carte sanitaire. Cette même interopérabilité réduit les doubles saisies et consolide les données des établissements dans un environnement unique et interrogeable.

Sur le terrain, les agents collectent les données via des formulaires mobiles structurés sur leurs propres téléphones. Cette approche BYOD (bring-your-own-device) réduit les coûts matériels et simplifie le déploiement à l’échelle du pays.

La qualité des données est activement surveillée. Un comité dédié suit l’avancement et résout les problèmes rencontrés par les agents de collecte, principalement la complétude des fiches et la précision des coordonnées GPS.

IASO offre également aux administrateurs de la carte sanitaire un environnement de requêtage dédié. Ils peuvent, par exemple, extraire la liste des établissements privés équipés d’un scanner IRM et d’une banque de sang ; exactement le type de question qui soutient la prise de décision stratégique.

Apache Superset pour la décision dans le système de santé

Le personnel du ministère de la Santé, les coordinateurs régionaux et les responsables de programme accèdent aux données via Apache Superset, une couche de tableaux de bord construite sur les données collectées par IASO. Plutôt que des rapports statiques, Apache Superset offre aux décideurs des vues dynamiques et filtrables des données des établissements de santé par province et par district, conçues pour un usage opérationnel régulier.

L’application Health Map Cameroun pour le grand public

L’application mobile Health Map Cameroun permet aux citoyens de localiser les établissements de santé près de chez eux. Les utilisateurs peuvent également rechercher un établissement selon le service ou la spécialité dont ils ont besoin, ou selon l’équipement médical disponible. L’application s’alimente directement des données validées dans IASO et est disponible sur le Google Play Store.

L’ensemble de l’infrastructure, initialement hébergée par Bluesquare, a depuis migré vers un hébergement local au Cameroun. Cette étape témoigne de l’appropriation nationale croissante du système.

Le prochain défi : une liste principale des établissements locale et interopérable

Compléter l’écosystème Health Map implique d’aller plus loin : connecter ces outils à une liste principale des établissements (MFL) nationale. Il s’agit de la prochaine phase du projet, qui progressera lorsque les conditions seront réunies, et qui rendra le système pleinement intégré.

Qu’est-ce qu’une liste principale des établissements ?

Une liste principale des établissements (MFL) est le registre de référence de tous les établissements de santé d’un pays. Elle enregistre le nom de chaque établissement, sa localisation géographique, son type, son statut opérationnel et sa place dans la structure géographique du système de santé, des hôpitaux nationaux de référence jusqu’aux postes de santé communautaires. Au Cameroun, la MFL fonctionne sur une application développée par le ministère de la Santé avec une couche d’interopérabilité, et est gérée par OpenHIM, un médiateur d’information sanitaire opéré par le ministère de la Santé.

Une MFL connectée est ce qui transforme un ensemble d’outils utiles en un véritable écosystème d’information sanitaire intégré.

Ce que l’interopérabilité avec la MFL permettra

Connecter la MFL à IASO, DHIS2 et l’application Carte Sanitaire rendra l’ensemble de l’écosystème plus précis, plus cohérent et plus utile pour tous ceux qui en dépendent.

Dès qu’un établissement sera enregistré ou mis à jour dans la MFL, ce changement sera immédiatement répercuté dans les formulaires de collecte de données, les tableaux de bord analytiques et l’application mobile publique afin qu’il existe une source de vérité unique, disponible partout. Les gestionnaires de santé travailleront à partir d’une référence d’établissements alignée sur ce que le ministère de la Santé considère comme faisant autorité. Les citoyens trouveront les informations les plus récentes lorsqu’ils recherchent des soins.

IASO dispose de mécanismes d’interopérabilité intégrés, conçus précisément pour ce type de connexion. L’intégration progressera lorsque les conditions seront réunies. L’écosystème Health Map continue de servir les agents de terrain, les gestionnaires de santé et les citoyens ; c’est cette base que la prochaine étape viendra renforcer.

Back to blog

Related posts